En bref :
- Marseille garde à deux pas de ses quartiers un parc national, des collines et des parcs urbains que bien des villes nous envient.
- L’été, l’accès aux massifs dépend du risque d’incendie et certaines calanques se réservent : quelques minutes de vérification évitent un aller-retour pour rien.
- Ce cadre ne tient que si chacun en prend soin, des mégots jusqu’à la vieille voiture oubliée au fond d’un terrain.
Une ville où la nature commence au bout de la rue
Combien de grandes villes peuvent dire qu’on passe du bus à la garrigue en moins d’une heure ? À Marseille, c’est presque banal. On part de Mazargues ou de la Cayolle, on monte un sentier, et la ville disparaît derrière une crête de calcaire blanc. On prend l’autre direction, vers Allauch ou Château-Gombert, et ce sont les collines de l’Étoile et du Garlaban qui s’ouvrent devant vous.
Nous vivons avec cette chance tous les jours, au point de ne plus la voir. Mais elle a quelque chose de fragile. Un sol qui brûle met des années à se refaire, un sentier piétiné se ravine à la première pluie, et un déchet abandonné dans un vallon finit souvent dans l’Huveaune ou dans la mer. Profiter de cette nature et la protéger, à Marseille, c’est la même démarche.
Les Calanques, un parc national à nos portes
Le Parc national des Calanques a été créé par décret le 18 avril 2012. Son cœur terrestre couvre 8 500 hectares sur Marseille, Cassis et La Ciotat, et son cœur marin 43 500 hectares. Le parc se présente comme le premier d’Europe à être à la fois terrestre, marin et périurbain, et il accueille environ 2 millions de visiteurs par an, à pied ou en bateau (chiffres de la plaquette grand public du parc, 2019).
Deux millions de personnes sur des criques aussi étroites que Sugiton ou les Pierres Tombées, cela laisse forcément des traces. C’est pour cette raison que le parc limite l’accès à ces deux sites en été. En 2026, la réservation, gratuite et en ligne sur le site du parc, était obligatoire les 20 et 21 juin, tous les jours du 27 juin au 30 août, puis les week-ends de septembre, avec 400 visiteurs maximum par jour. Il est vrai que cela demande un peu d’organisation. Et quand on voit l’état de la calanque un matin de juillet, on comprend vite pourquoi.
L’été, on vérifie avant de partir
Du 1er juin au 30 septembre, l’accès aux massifs des Bouches-du-Rhône dépend chaque jour du niveau de risque d’incendie. La carte publiée sur risque-prevention-incendie.fr/13 est mise à jour vers 18 h pour le lendemain : un massif affiché en rouge est fermé, et l’on n’y entre pas, même pour une courte balade. L’application « Mes Calanques », proposée par le parc national, donne les conditions d’accès en temps réel et prévient en cas de fermeture.
Je vous conseille de faire de ce coup d’œil un réflexe, comme on regarde la météo. Il évite de garer la voiture au pied d’un sentier fermé, et surtout il protège des massifs qui ont déjà payé cher les étés secs.
Les parcs urbains, pour respirer sans prendre la voiture
Pas besoin de partir en randonnée pour retrouver un peu de vert. Le parc Borély, entre le Prado et les plages, reste le grand classique du dimanche. Le parc Longchamp, au pied de son palais dans le 4e, offre de l’ombre en plein centre. Dans le 12e, le parc de la Moline a été aménagé au-dessus de la rocade L2, avec un grand espace canin et des aires de jeux.
Ces parcs ont un avantage que l’on oublie : on peut y aller en métro, en tram, en bus ou à vélo. Chaque sortie qui se fait sans voiture, c’est une place de stationnement en moins à chercher et un peu moins de pollution dans l’air que nous respirons tous.
Ce que l’on laisse derrière soi
Depuis 2008, l’opération « Calanques propres », portée par l’association Mer-Terre, rassemble chaque année près d’un millier de bénévoles pour ramasser les déchets du littoral, de la vallée de l’Huveaune et des collines. Si tant de monde doit se mobiliser chaque printemps, c’est bien que les mégots, les canettes et les sacs plastiques ne disparaissent pas tout seuls.
Il existe aussi des déchets plus encombrants, que l’on remarque moins parce qu’ils ne bougent pas. Une voiture qui ne roule plus depuis des années, garée au bout d’un chemin au pied des collines ou au fond d’un jardin, en fait partie. Avec le temps, l’huile moteur, le liquide de frein, le liquide de refroidissement et l’acide de la batterie finissent par s’écouler dans le sol. Quand il pleut, tout cela file vers les vallons et les ruisseaux.
La loi traite d’ailleurs un véhicule hors d’usage comme un déchet. Le maire peut mettre son propriétaire en demeure de le faire enlever vers un centre agréé, à ses frais s’il ne réagit pas, notamment quand la voiture présente un risque pour la santé ou pour l’environnement, y compris sur un terrain privé (fiche de la Gendarmerie nationale, mise à jour en février 2026).
Mais il n’est pas nécessaire d’en arriver là. Si vous avez vous-même une vieille voiture qui dort dans une cour, sous un abri ou sur une place que plus personne n’utilise, sachez qu’un enlèvement d’épave gratuit à Marseille est possible dans les 16 arrondissements, tant que le véhicule est complet. L’épaviste passe sous 24 heures, 7 jours sur 7, et confie la voiture à un centre VHU agréé, où elle est dépolluée avant d’être démontée et recyclée. Vous libérez de la place, et la nature autour de chez vous s’en porte mieux.
Les bons gestes, pour nous tous
Rien de tout cela ne demande d’effort héroïque. Remporter ses déchets jusqu’à la poubelle la plus proche, mégots compris. Rester sur les sentiers balisés. Vérifier la carte du risque incendie avant chaque sortie estivale et réserver Sugiton quand c’est nécessaire. Préférer les transports en commun pour rejoindre les parcs ou le départ des randonnées. Et ne pas laisser une voiture hors d’usage pourrir dans un coin, en se disant que cela ne dérange personne.
Que voulons-nous laisser à ceux qui viendront marcher ici dans vingt ans ? Je suis persuadé que la plupart des Marseillais ont déjà la réponse. La qualité de vie qui fait aimer cette ville tient à ces collines, à ces calanques et à ces parcs, et elle ne se protège pas toute seule. Elle dépend de ce que chacun de nous fait, un dimanche après l’autre.