En bref
- L’accès en train via la ligne de la Côte Bleue est la meilleure option pour éviter l’enfer du stationnement
- Le sentier des Douaniers vers la calanque de l’Érevine offre des panoramas exceptionnels mais exige de bonnes chaussures
- Le site est un spot majeur de plongée grâce au centre UCPA installé dans un ancien fort militaire
Niolon n’est pas une simple plage où l’on pose sa serviette. C’est un village habité, vivant, avec une âme de pêcheur qui résiste encore au temps. Située sur la commune du Rove, cette perle de la Côte Bleue fait face à la rade de Marseille et offre une vue imprenable sur l’archipel du Frioul.
On vient ici pour chercher l’authenticité des cabanons, passer sous les arches géantes du viaduc ferroviaire et respirer l’air salin. Contrairement aux grandes étendues de sable, l’espace est ici compté, coincé entre la falaise calcaire et une eau souvent cristalline.
Les visiteurs qui découvrent les calanques niolon pour la première fois sont souvent frappés par ce mélange unique d’histoire militaire, de tradition maritime et de nature brute. C’est un lieu qui se mérite et qui demande un certain respect pour ses habitants.
Un village de carte postale sur la Côte Bleue
Dès l’arrivée, le charme opère. Les maisons sont accrochées à la roche, descendant en cascade vers le petit port de pêche. On est loin des stations balnéaires bétonnées ; ici, l’architecture s’est adaptée au relief accidenté du massif de la Nerthe.
Le port est le cœur du village. Il abrite encore quelques pointus traditionnels et des bateaux de plaisance. C’est un endroit paisible, protégé des vents dominants, ce qui en fait un mouillage apprécié des navigateurs locaux.
L’ambiance change au fil des saisons. En hiver, le village retrouve son calme olympien, seulement troublé par le passage du train en hauteur. L’été, la vie s’anime autour des quelques commerces et de la zone de baignade, mais l’esprit “cabanon” reste intact.
Voici ce qui caractérise l’atmosphère unique de Niolon :
- Les ruelles étroites et pentues interdites aux voitures des visiteurs
- Le viaduc ferroviaire qui enjambe la calanque, véritable signature visuelle
- L’absence de grands immeubles au profit de constructions à taille humaine
- La convivialité des habitués qui se retrouvent sur le quai
Comment venir à Niolon : le train de la Côte Bleue avant tout
C’est le point noir que tout visiteur doit anticiper : le stationnement. La route d’accès qui serpente dans la garrigue depuis Le Rove est magnifique, mais elle se termine en cul-de-sac. En bas, les places sont extrêmement limitées et le parking est un véritable casse-tête.
En saison estivale, l’accès aux véhicules motorisés est d’ailleurs strictement réglementé par la mairie du Rove. Des barrières filtrent souvent les entrées pour réserver l’accès aux résidents et aux services de secours. Tenter de se garer “à la sauvage” est une très mauvaise idée qui finit souvent à la fourrière.
La solution royale reste le Train de la Côte Bleue (TER). La gare de Niolon surplombe le village et offre une arrivée spectaculaire. Le trajet depuis la gare Saint-Charles à Marseille dure environ 20 minutes et constitue en soi une attraction touristique avec ses vues plongeantes sur la mer.
Pour organiser votre venue, retenez ces options :
- Le Train (Recommandé) : Ligne Marseille-Miramas, arrêt Niolon. Rapide, panoramique et sans stress.
- La voiture : À éviter absolument les week-ends et l’été. Covoiturage conseillé si indispensable.
- Le bateau : Certaines compagnies proposent des navettes maritimes en saison depuis le Vieux-Port.
- La marche : Pour les courageux venant de l’Estaque ou de La Vesse par les sentiers.
Randonnée sur le sentier des Douaniers : de Niolon à l’Érevine
Niolon est le point de départ ou d’étape incontournable du fameux GR51, aussi appelé sentier des Douaniers. C’est le terrain de jeu favori des randonneurs qui veulent explorer la Côte Bleue. Le sentier longe le littoral, offrant des points de vue vertigineux sur la Méditerranée.
L’itinéraire le plus prisé mène vers l’ouest, en direction de la calanque de l’Érevine et ensuite vers Méjean. Comptez environ une heure de marche pour atteindre l’Érevine. attention, ce n’est pas une promenade de santé : le chemin est caillouteux, parfois étroit et escarpé.
Le parcours traverse plusieurs petites criques sauvages. On passe d’abord par la calanque du Jonquier, puis celle du Riflard. Les paysages varient entre garrigue odorante, falaises blanches et eau turquoise. C’est une expérience différente de celle qu’on peut vivre à Callelongue, avec une végétation souvent plus dense ici.
Sur ce parcours, vous découvrirez successivement :
- Le fort de Niolon qui domine le départ
- La calanque du Jonquier et ses rochers plats
- La calanque du Riflard, plus discrète
- La calanque de l’Érevine et sa plage de galets blancs (le joyau du parcours)
- Le Cap Méjean pour les marcheurs qui poussent plus loin
Soyez vigilants par temps de pluie, la roche calcaire devient une véritable patinoire. De même, si vous êtes sujet au vertige, certains passages en bord de falaise peuvent être impressionnants, bien que le sentier reste praticable pour des marcheurs réguliers.
La plongée sous-marine : l’ADN de la calanque
Impossible de parler de Niolon sans évoquer la plongée. Le village abrite un centre technique historique de l’UCPA, qui est aussi une base fédérale de la FFESSM. C’est ici que des générations de moniteurs ont été formées.
La configuration des lieux est idéale. La calanque est relativement abritée du Mistral, ce qui permet de sortir en mer quand d’autres zones sont impraticables. Les fonds marins tombent rapidement, offrant un accès facile à des profondeurs intéressantes.
La faune y est riche, typique de la Méditerranée : mérous, sars, poulpes et gorgones colorées. La présence du Parc Marin de la Côte Bleue a permis de régénérer la biodiversité locale, rendant les explorations sous-marines particulièrement gratifiantes.
Les plongeurs apprécient particulièrement :
- La proximité immédiate des sites de plongée (quelques minutes de bateau)
- La clarté de l’eau, souvent excellente dans cette zone
- Les épaves historiques qui gisent au large pour les niveaux confirmés
- L’ambiance “village de plongeurs” qui règne autour du centre UCPA
Un passé militaire omniprésent : les forts de Niolon
En levant les yeux depuis le port, on ne peut pas manquer les structures militaires qui surveillent la rade. La position stratégique de Niolon, face à Marseille, en a fait un point de défense crucial dès le XIXe siècle.
Le Fort de Niolon (Fort Haut), construit dans les années 1880 après la guerre contre la Prusse, culmine à 190 mètres d’altitude. Il offre un panorama exceptionnel à 360 degrés. Bien que son accès intérieur soit interdit pour des raisons de sécurité (ruines), le sentier qui y mène vaut le détour pour la vue.
Plus bas, le Fort Bas accueille aujourd’hui les installations du centre de plongée UCPA. Ces bâtiments ont une histoire tourmentée, ayant été occupés par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale pour verrouiller l’accès au port de Marseille.
Ces vestiges ajoutent une dimension historique à la visite. Ils rappellent que ce littoral, aujourd’hui dédié aux loisirs, fut longtemps une frontière défensive hérissée de canons.
Où manger et dormir dans le village
Niolon n’est pas une zone commerciale. On ne trouve pas ici d’alignement de boutiques de souvenirs ou de fast-foods. L’offre de restauration est limitée mais de qualité, misant sur le cadre exceptionnel.
L’adresse la plus connue est sans doute l’Auberge du Mérou. Sa grande terrasse panoramique surplombant la mer est un spot prisé pour un déjeuner au soleil ou un dîner romantique face aux lumières de Marseille. L’établissement propose aussi quelques chambres pour ceux qui souhaitent s’endormir avec le bruit des vagues.
Il existe quelques autres options pour se restaurer sur le pouce ou boire un verre, mais il est prudent de réserver en haute saison. Pour les randonneurs, le pique-nique reste une option populaire, à condition de respecter scrupuleusement les lieux.
Voici quelques règles d’or pour la pause déjeuner :
- Réservez votre table à l’avance, surtout le week-end
- Ne laissez aucun déchet sur place si vous pique-niquez
- L’eau potable est rare, remplissez vos gourdes avant de partir
- Les commerces n’acceptent pas toujours la carte bancaire pour les petits montants, prévoyez du liquide
Conseils pratiques pour une visite réussie en 2025
Visiter les calanques demande un minimum de préparation. Ce n’est pas un parc d’attractions, mais un milieu naturel fragile et parfois hostile si l’on n’est pas équipé. La chaleur peut être accablante en été et les rochers sont abrasifs.
L’équipement est primordial. On croise trop souvent des visiteurs en tongs sur le sentier des Douaniers, ce qui est dangereux. Des baskets fermées ou des chaussures de randonnée sont obligatoires pour explorer les alentours en sécurité.
L’eau est une denrée rare sur le sentier. Il n’y a pas de point d’eau potable entre Niolon et La Redonne. Prévoyez au minimum 1,5 à 2 litres par personne, surtout si vous marchez en plein soleil. La déshydratation arrive vite dans les montées.
Enfin, soyez curieux d’explorer d’autres facettes des calanques. Si vous aimez les formations géologiques spectaculaires comme celles de Niolon, vous apprécierez peut-être aussi la calanque de l’Eissadon, située plus loin vers l’ouest, connue pour son aiguille rocheuse.
Check-list avant de partir :
- Vérifiez les conditions d’accès aux massifs (carte rouge/noire risques incendie)
- Consultez les horaires de train pour le retour (ils peuvent être espacés)
- Prenez un chapeau et de la crème solaire, l’ombre est rare sur le sentier
- Emportez un sac pour ramener vos déchets, il n’y a pas de poubelles dans la nature
- Gardez votre téléphone chargé, le réseau passe correctement sur la majorité du parcours
Niolon reste l’un des joyaux les plus accessibles et les plus authentiques autour de Marseille. En respectant ses habitants, son histoire et sa nature, on s’assure que ce petit bout de paradis reste intact pour les générations futures. Que ce soit pour la randonnée, la plongée ou simplement la contemplation, le déplacement vaut toujours la peine.