Le Bain des Dames : plage historique de Marseille

En bref

  • Située au 36 Promenade du Grand Large, dans le quartier authentique de la Madrague de Montredon
  • Accessible idéalement via le Bus 19 ou à vélo, le stationnement étant très difficile en saison
  • Plage familiale de gravillons et rochers, célèbre pour ses cabanons et ses eaux claires

Marseille regorge de secrets que l’on se transmet de génération en génération. Loin de l’agitation du centre-ville, il existe des recoins où le temps semble s’être arrêté. C’est exactement le sentiment que procure la découverte de cette anse particulière.

Le littoral sud de la cité phocéenne offre une succession de petites criques, mais l’une d’elles retient particulièrement l’attention des locaux. Coincée entre la Pointe Rouge et les Goudes, elle représente l’essence même de la douceur de vivre provençale.

On parle ici du bain des dames marseille, un lieu qui n’est pas seulement une zone de baignade, mais un véritable morceau de patrimoine. Ce n’est pas la plus grande, ni la plus célèbre à l’international, mais c’est celle qui a le plus de caractère.

Pour comprendre l’âme de ce quartier, il faut s’y rendre, écouter le clapotis de l’eau contre les barques et observer les habitués qui discutent devant leurs cabanons. C’est une expérience marseillaise brute, sans filtre.

Une histoire qui remonte au XIXe siècle

Le nom de cette plage intrigue souvent les visiteurs de passage. Pourquoi cette appellation spécifique ? La réponse se trouve dans les mœurs du XIXe siècle, une époque où la mixité sociale et physique n’était pas la norme sur les plages publiques.

À cette période, la décence imposait une séparation stricte entre les sexes lors des bains de mer. Les femmes se baignaient donc dans cette anse protégée, à l’abri des regards indiscrets, tandis que les hommes fréquentaient la crique voisine.

Cette voisine, c’est l’anse des Phocéens, historiquement appelée le “Bain des Hommes”. Cette séparation géographique est aujourd’hui de l’histoire ancienne, mais la toponymie a survécu pour rappeler ce passé sociologique de la ville.

Les cabanons qui bordent la plage sont les témoins silencieux de cette époque. Initialement, ils servaient d’abris pour les pointus des pêcheurs ou de lieux de stockage pour le matériel de bain. Ils sont devenus aujourd’hui des résidences secondaires très prisées.

Ces petites constructions colorées font partie intégrante de l’identité visuelle du bain des dames marseille. Elles ne sont pas de simples maisons, elles incarnent un art de vivre populaire qui résiste à la pression immobilière et à la modernisation.

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Un décor de carte postale typiquement marseillais

Ce qui frappe en arrivant sur place, c’est le cadre intimiste. Contrairement aux immenses étendues de sable que l’on peut trouver ailleurs, ici, l’espace est contraint par la géographie, ce qui crée une atmosphère de cocon.

Le sol n’est pas constitué de sable fin, mais d’un mélange de gravillons, de galets et de sable grossier. C’est un détail important pour le confort : prévoir des chaussures d’eau peut être une bonne idée pour les pieds sensibles.

La plage est divisée en trois parties distinctes qui offrent des expériences différentes :

  • La zone centrale : composée de graviers et de sable, c’est là que la majorité des familles posent leurs serviettes
  • Le côté gauche : plus rocheux, idéal pour s’isoler un peu et poser ses affaires sur les dalles de pierre chaudes
  • La zone des cabanons : une bande bétonnée où les locaux installent souvent leurs tables et chaises pour le dîner

La vue depuis le rivage est spectaculaire. On embrasse du regard toute la rade de Marseille, avec les îles du Frioul au loin et le ballet incessant des navettes maritimes. C’est un panorama qui change à chaque heure du jour.

L’orientation de l’anse offre également une protection relative contre le Mistral. Lorsque le vent du nord souffle fort sur la ville, les falaises et les constructions environnantes créent un petit microclimat appréciable.

La baignade et les activités aquatiques

L’eau y est souvent décrite comme particulièrement claire. Le fond rocheux favorise une transparence que l’on ne retrouve pas toujours sur les plages de sable pur, où les sédiments troublent l’eau au moindre mouvement.

C’est un spot privilégié pour le snorkeling (randonnée palmée). En s’éloignant de quelques mètres du bord, on découvre une vie sous-marine riche, typique de la Méditerranée.

Les amateurs de faune marine peuvent y observer plusieurs espèces communes :

  • Des bancs de saupes avec leurs rayures dorées qui broutent les algues
  • Des sars communs qui se cachent dans les anfractuosités des rochers
  • Des girelles aux couleurs vives qui animent les fonds marins
  • Quelques poulpes pour les observateurs les plus patients et discrets

Attention cependant, la zone n’est pas surveillée par des maîtres-nageurs, contrairement à la grande plage de la Pointe Rouge voisine. La vigilance est donc de mise, surtout avec des enfants en bas âge.

La profondeur augmente assez rapidement par endroits, ce qui est agréable pour nager sans avoir à marcher sur des dizaines de mètres. C’est une vraie plage de nageurs, appréciée des habitués qui viennent faire leurs longueurs tôt le matin.

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Comment se rendre au Bain des Dames sans stress

Soyons clairs : l’accès en voiture en plein été est un véritable cauchemar. La route qui mène aux Goudes est souvent saturée, et le stationnement dans les petites rues adjacentes relève du miracle.

Le parking situé juste au-dessus de la plage, le long de la Promenade du Grand Large, est minuscule et pris d’assaut dès les premières lueurs du jour. S’engager dans les ruelles du quartier en voiture est le meilleur moyen de rester coincé.

Pour profiter sereinement du bain des dames marseille, il faut privilégier les mobilités douces. Voici les meilleures options pour s’y rendre :

  • Le Bus 19 : La ligne mythique qui part du rond-point du Prado. Descendez à l’arrêt “Engalière” ou “Grotte Rolland” et marchez quelques minutes
  • Le Vélo : La piste cyclable longe toute la côte depuis le centre-ville. C’est plat, sécurisé et très agréable
  • La marche : Pour les courageux, c’est une belle balade depuis la Pointe Rouge

Si vous choisissez le vélo, vous profiterez d’une balade exceptionnelle. En longeant la côte, vous passerez par la célèbre Corniche Kennedy avant de poursuivre vers le sud.

Cette approche permet de s’imprégner de l’ambiance maritime bien avant d’arriver. On laisse derrière soi le bruit de la ville pour entrer progressivement dans le calme du quartier de Montredon.

Les commodités et la vie de quartier

Bien que le lieu se veuille sauvage et authentique, on y trouve le nécessaire pour passer une journée confortable. La municipalité a installé des douches pour se rincer après la baignade, un luxe appréciable.

Des toilettes publiques sont également disponibles à proximité. Ces équipements sont entretenus, mais leur état dépend beaucoup de la civilité des usagers, surtout en période de forte affluence estivale.

Côté restauration, vous n’êtes pas sur une plage privée avec service sur transat, et c’est tant mieux. L’ambiance est à la glacière et au pique-nique partagé sur les galets.

Cependant, le quartier de Montredon, situé juste au-dessus, offre de nombreuses options pour se ravitailler :

  • Des pizzerias traditionnelles marseillaises à quelques minutes de marche
  • Des épiceries de quartier pour acheter de l’eau fraîche et des fruits
  • Des bars tabacs typiques pour prendre un café le matin
  • Quelques restaurants de poissons réputés le long de la route principale

Il est courant de voir les Marseillais commander des pizzas à emporter dans le quartier pour les déguster sur la plage au coucher du soleil. C’est une tradition locale incontournable.

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Comparaison avec les autres plages de la ville

Marseille offre une diversité de lieux de baignade impressionnante. Le Bain des Dames se distingue nettement des plages du centre-ville par son calme relatif et son cadre.

Si l’on compare avec la plage des Catalans, située en plein cœur urbain, le dépaysement est total. Aux Catalans, on est au pied des immeubles ; ici, on se sent presque dans un village de pêcheurs.

Elle est aussi très différente des plages du Prado. Pas de grandes pelouses ici, pas de skatepark ni de vastes étendues artificielles. Tout est plus brut, plus minéral et plus historique.

Par rapport aux calanques plus lointaines comme Sormiou ou Morgiou, elle présente l’avantage majeur d’être accessible sans avoir à marcher une heure dans la garrigue. C’est le compromis parfait entre nature et accessibilité urbaine.

Quand venir pour profiter au maximum ?

La fréquentation varie énormément selon les heures et les saisons. En plein mois d’août, la plage est bondée de 11h à 18h. Les serviettes se touchent et l’intimité est inexistante.

Pour apprécier la magie du lieu, il faut décaler ses horaires. Le matin avant 10h, l’eau est un lac d’huile et le calme est absolu. C’est le moment préféré des retraités du quartier.

La fin de journée est l’autre moment privilégié. L’exposition ouest garantit des couchers de soleil magnifiques. Le soleil plonge directement dans la mer, embrasant le ciel de couleurs orangées et violettes.

Même en hiver, comme en ce mois de décembre 2025, le lieu vaut le détour. On ne se baigne pas (sauf les plus téméraires), mais on vient y respirer l’air marin, lire un livre au soleil ou simplement regarder l’horizon.

Les jours de vent d’Est, la mer peut devenir agitée et les vagues viennent frapper les cabanons. Le spectacle est alors saisissant, transformant cette anse paisible en théâtre naturel tumultueux.

Au final, le bain des dames marseille reste l’une des meilleures options pour ceux qui cherchent à comprendre ce qu’est la “dolce vita” à la marseillaise. C’est un lieu simple, sans prétention, mais d’une beauté redoutable.

Il suffit de s’asseoir sur un rocher, de regarder les pointus se balancer doucement, pour saisir pourquoi les habitants de ce quartier ne déménageraient pour rien au monde. C’est un petit bout de paradis accessible en bus.

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