L’épopée de la plaisance à Marseille : des pointus aux superyachts

Marseille et la mer, c’est une histoire d’amour qui dure depuis 2 600 ans. Mais si le Vieux-Port a longtemps été le poumon commercial de la Méditerranée, il est aussi devenu le théâtre d’une révolution : celle de la plaisance.

Plongeons dans l’histoire de la navigation de loisir dans la cité phocéenne.

L’Héritage : la barquette marseillaise et le “Pointu”

Avant d’être un loisir, la navigation à Marseille était une nécessité. Au XIXe siècle, les pêcheurs utilisaient la célèbre barquette marseillaise (souvent confondue avec le “pointu” varois).

Ces bateaux à la coque ventrue et à l’étrave élancée étaient conçus pour affronter le clapot court de la baie de Marseille. C’est avec ces embarcations de travail que les premières sorties dominicales en famille ont commencé, marquant les prémices de la navigation de plaisance populaire. La barquette marseillaise est aujourd’hui classée au patrimoine. Elle incarne l’âme du Vallon des Auffes et de l’Estaque.

Le XIXe siècle : l’essor des cercles nautiques

L’histoire de la plaisance “organisée” commence réellement avec la fondation des grandes institutions nautiques. Marseille, ville bourgeoise et dynamique, voit naître des clubs prestigieux :

  • La Société Nautique de Marseille (1887) : l’un des plus anciens clubs de France, qui a su codifier les premières régates.
  • L’Union Nautique Marseillaise (1882) : située au pied du Pharo, elle a accompagné l’évolution des bateaux à voile vers le yachting moderne.

À cette époque, le yachting est un signe de distinction sociale. On ne navigue plus pour pêcher, mais pour la vitesse, la technique et le prestige.

L’entre-deux-guerres : l’arrivée du moteur et du grand large

Après 1918, la plaisance se démocratise légèrement et se transforme techniquement. Les moteurs commencent à remplacer les voiles latines sur les petites unités.

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C’est aussi l’époque où Marseille devient le point de départ vers les colonies, et les plaisanciers commencent à regarder au-delà de l’archipel du Frioul. On voit apparaître des unités plus confortables, permettant des croisières vers la Corse ou les Baléares.

À partir des années 70 : la plaisance pour tous

Le véritable tournant survient avec l’apparition du polyester et de la fibre de verre. La construction en série permet de réduire les coûts.

  • Le Port de la Pointe Rouge : construit dans les années 60, il symbolise cette volonté d’ouvrir la mer à tous les marseillais. L’offre y est aujourd’hui très diversifiée, on peut désormais y louer un voilier, un paddle, un jet ski, un bateau sans permis ou avec skipper
  • Le Frioul : avec son architecture caractéristique des années 70, l’archipel devient une escale incontournable pour les plaisanciers locaux et de passage.

Aujourd’hui : Marseille, capitale mondiale de la plaisance

Marseille a franchi un nouveau cap en devenant une référence mondiale. La ville accueille désormais des athlètes de haut niveau et des projets de prestige.

  • Les Jeux Olympiques de 2024 : l’organisation des épreuves de voile a transformé la Marina olympique du Roucas-Blanc en un équipement de classe mondiale.
  • Le yachting de luxe : le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) accueille désormais des chantiers de réparation pour les plus grands yachts du monde, alliant savoir-faire industriel et plaisance de luxe.

L’histoire de la plaisance à Marseille est celle d’une transition réussie entre tradition et modernité. Des charpentiers de marine qui façonnaient le bois aux ingénieurs qui optimisent les foils des bateaux de course, la passion reste la même : vivre la mer.

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Cet article a été rédigé en collaboration avec des passionnés de nautisme et s’appuie sur les archives historiques des clubs nautiques marseillais et les données du Parc National des Calanques.

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