Parc Longchamp Marseille : visite et histoire

En bref

  • Le parc s’étend sur 8 hectares en plein centre-ville et abrite deux musées majeurs ainsi qu’un observatoire historique
  • L’accès est gratuit pour les jardins, ouvert tous les jours de l’année (horaires variables selon la saison)
  • C’est le lieu idéal pour comprendre l’histoire de l’eau à Marseille et voir les vestiges de l’ancien jardin zoologique

On ne peut pas comprendre Marseille sans passer par ici. Ce monument, c’est bien plus qu’un simple espace vert pour promener le chien ou laisser courir les minots. C’est le symbole d’une victoire vitale pour la cité phocéenne : l’arrivée de l’eau.

Situé dans le 4ème arrondissement, le site impressionne toujours ceux qui le découvrent pour la première fois. On arrive par le boulevard, et on tombe nez à nez avec cette colonnade majestueuse et cette cascade qui semble jaillir du palais lui-même.

Les Marseillais ont une affection particulière pour le parc longchamps. C’est ici que beaucoup ont appris à faire du vélo, ont vu leurs premiers animaux sauvages à l’époque du zoo, ou viennent chercher un peu de fraîcheur quand le soleil tape trop fort sur le Vieux-Port.

Mais derrière la promenade du dimanche se cache une histoire fascinante de génie civil et d’architecture. C’est un véritable château d’eau glorifié, construit pour célébrer la fin des sécheresses qui accablaient la ville depuis sa fondation.

Une architecture grandiose pour célébrer l’eau

Pour saisir l’importance de ce lieu, il faut remonter au milieu du XIXe siècle. À cette époque, Marseille a soif. La ville étouffe, les épidémies de choléra font des ravages, notamment en 1835, faute d’eau potable en quantité suffisante.

La municipalité prend alors une décision qui va changer le visage de la ville : faire venir l’eau de la Durance. C’est un chantier titanesque. Il faudra creuser un canal de plus de 80 kilomètres, percer des montagnes et construire 18 ponts-aqueducs, dont le célèbre aqueduc de Roquefavour.

Une fois l’eau arrivée sur le plateau Longchamp, il fallait marquer le coup. On ne voulait pas juste un robinet, on voulait un monument. C’est l’architecte Henry Espérandieu, à qui l’on doit aussi Notre-Dame de la Garde, qui remporte le concours.

Son projet est inauguré en 1869 après des années de travaux. Il conçoit une véritable mise en scène aquatique. Au centre, un château d’eau dissimulé derrière un arc de triomphe. De part et d’autre, deux ailes incurvées qui semblent embrasser la ville.

Le groupe sculpté central est une merveille de symbolisme. Il représente la Durance, fière et féconde, sur son char tiré par quatre taureaux de Camargue. Elle est accompagnée par deux allégories : le blé et la vigne, symbolisant la fertilité que l’eau apporte à la Provence.

Les deux gardiens de la culture : Muséum et Beaux-Arts

Le Palais Longchamp n’est pas qu’une fontaine, c’est aussi un poumon culturel. Espérandieu a conçu les deux ailes du bâtiment pour abriter les collections savantes de la ville, reliant ainsi la nature et la culture.

Dans l’aile gauche, quand on regarde le monument, se trouve le Musée des Beaux-Arts. C’est le plus vieux musée de Marseille. Il abrite des peintures et sculptures du XVIe au XIXe siècle, avec une large place faite aux artistes provençaux.

À lire aussi   Où manger de bons sushis à Marseille ?

Dans l’aile droite, on trouve le Muséum d’Histoire Naturelle. C’est un lieu qui fascine les enfants depuis des générations. On y trouve des collections de zoologie, de paléontologie et de botanique d’une richesse incroyable.

Ces deux institutions sont reliées par la fameuse colonnade à ciel ouvert. Se promener sous ces colonnes offre une perspective unique. On marche littéralement au-dessus de la cascade, avec une vue imprenable sur le boulevard Longchamp qui descend vers le centre-ville.

L’ensemble architectural du Palais Longchamp a été pensé pour que l’eau, la pierre et la connaissance ne fassent qu’un. C’est une réussite totale qui classe le site parmi les monuments historiques.

Le jardin du plateau et ses secrets hydrauliques

Derrière le palais se cache le “jardin du plateau”. C’est un jardin à la française, classique et ordonné, dessiné par Espérandieu lui-même. On y accède en passant sous l’arc de triomphe, derrière la grande fontaine.

Ce que peu de visiteurs savent, c’est ce qui se trouve sous leurs pieds. Le jardin repose en réalité sur d’immenses bassins de décantation. C’est là que l’eau du canal de Marseille arrivait pour se reposer et se purifier avant d’être distribuée dans les robinets de la ville.

Ces salles souterraines sont impressionnantes : de véritables cathédrales de pierre avec des piliers massifs pour soutenir le poids de la terre et des promeneurs au-dessus. Elles constituent le cœur technique invisible du monument.

Le jardin en surface offre des allées larges et ombragées. C’est un endroit plus calme que la partie basse du parc. On y trouve des bancs pour lire, des pelouses (souvent interdites d’accès pour préservation) et des massifs fleuris entretenus avec soin.

C’est aussi depuis ce plateau que l’on peut observer les détails de l’architecture arrière du château d’eau, souvent négligée par les touristes qui restent devant la cascade. Les sculptures et les inscriptions y racontent les affluents de la Durance.

L’ancien jardin zoologique : entre nostalgie et promenade

La partie basse du parc longchamps a une âme tout à fait différente. C’est ici que se trouvait le Jardin Zoologique de Marseille, ouvert dès 1854, bien avant l’inauguration du Palais. Il a marqué la mémoire collective des Marseillais jusqu’à sa fermeture définitive en 1987.

Contrairement au plateau, cette zone est aménagée dans un style “pittoresque” ou à l’anglaise. Les allées sont sinueuses, le terrain est vallonné, et la végétation est plus dense et exotique, rappelant le goût du Second Empire pour le voyage.

Aujourd’hui, le zoo n’abrite plus d’animaux vivants, mais la ville a fait le choix intelligent de conserver les infrastructures. C’est ce qui donne au parc son atmosphère si particulière, un brin mélancolique mais pleine de charme.

En vous promenant, vous tomberez sur des vestiges architecturaux étonnants qui servaient d’abris aux animaux. Chaque pavillon était construit dans le style du pays d’origine de l’animal qu’il hébergeait.

À lire aussi   Astuces pour gagner à la roulette européenne

Voici les éléments les plus marquants à ne pas rater lors de votre balade :

  • Le pavillon de la girafe avec sa forme caractéristique tout en hauteur
  • Le pavillon de l’éléphant, d’inspiration orientale
  • Les grandes volières en fer forgé, témoins de l’artisanat du XIXe siècle
  • La fosse aux ours, aujourd’hui décorée et végétalisée
  • Les cages des fauves avec leurs barreaux épais

Depuis 2013, année où Marseille fut Capitale Européenne de la Culture, le zoo a retrouvé une forme de vie artistique. Des animaux en fibre de verre, colorés et grandeur nature, ont été installés dans les anciennes cages et enclos.

C’est une initiative qui plaît beaucoup aux plus jeunes. On peut ainsi voir des lions, des girafes ou des ours immobiles et colorés, qui redonnent une fonction ludique à ces espaces vides sans la tristesse de la captivité animale.

L’Observatoire de Marseille : la tête dans les étoiles

Le site de Longchamp abrite également un lieu de science exceptionnel : l’Observatoire de Marseille. Situé à proximité immédiate du jardin du plateau, il a été installé ici dans les années 1860, profitant de la hauteur de la colline pour observer le ciel.

C’est le plus ancien établissement scientifique de la ville encore en activité. L’endroit est géré par l’association Andromède, qui fait un travail remarquable de vulgarisation auprès du grand public et des scolaires.

L’Observatoire possède des instruments historiques d’une valeur inestimable. Le plus impressionnant est sans doute le télescope de Foucault. Avec son miroir de 80 cm de diamètre, il est resté le plus grand télescope du monde pendant près d’un siècle.

L’association propose régulièrement des activités pour les curieux :

  • Des séances de planétarium pour découvrir les constellations (adaptées à tous les âges)
  • Des observations du soleil et de ses taches (quand la météo le permet)
  • Des visites guidées de la grande lunette astronomique
  • Des soirées d’observation nocturne pour voir la Lune ou les planètes

C’est une visite complémentaire idéale après avoir fait le tour du parc. Cela permet de passer de l’histoire de la terre et de l’eau à celle de l’univers, le tout sans quitter le périmètre de Longchamp.

Que faire au parc Longchamps aujourd’hui ?

Au-delà de son histoire et de ses musées, le parc est un lieu de vie quotidien pour les habitants du quartier des Cinq-Avenues et de la Blancarde. Il offre une bouffée d’oxygène indispensable dans ce secteur très urbanisé.

Les usages du parc ont évolué avec le temps. Si l’on ne vient plus voir les singes, on y vient pour profiter des vastes espaces verts labellisés “Jardin Remarquable” par le ministère de la Culture depuis 2005.

Pour les familles, c’est un terrain de jeu inépuisable. Les aires de jeux sont modernes et sécurisées, et certaines reprennent même des formes animales pour faire un clin d’œil à l’ancien zoo. Les allées goudronnées sont parfaites pour apprendre le vélo ou le roller.

Le parc vit aussi au rythme des événements culturels. Le plus célèbre est sans doute le “Marseille Jazz des cinq continents”. Chaque été, en juillet, la pelouse devant le Palais se transforme en une immense salle de concert à ciel ouvert.

À lire aussi   Marseille au quotidien : conseils pour un intérieur sain et sans nuisibles

Voici quelques activités possibles sur place pour agrémenter votre visite :

  • Pique-niquer sur les pelouses autorisées (attention à bien respecter la propreté)
  • Faire un tour de manège traditionnel situé près de l’entrée
  • Profiter des balades à poney proposées pour les enfants
  • Boire un café ou manger une glace à la buvette du parc
  • Suivre le parcours botanique pour découvrir les essences d’arbres centenaires

En automne et en hiver, le parc prend des allures plus romantiques. C’est un spot photo très prisé, notamment au coucher du soleil quand la lumière dorée frappe la pierre blanche de la colonnade et de la fontaine.

Informations pratiques pour votre visite

Le parc est très facile d’accès, ce qui en fait une sortie spontanée idéale. Oubliez la voiture si possible, le stationnement dans le quartier est compliqué et payant. Les transports en commun vous déposent littéralement devant la grille.

Le métro ligne 1 (station Cinq Avenues – Longchamp) et le tramway ligne T2 s’arrêtent juste en face du Palais. En sortant de la station, la perspective sur le monument est immédiate et saisissante.

Concernant les horaires, attention à ne pas vous faire surprendre. Comme beaucoup de parcs à Marseille, les grilles ferment plus tôt en hiver. Les gardiens passent en sifflant pour annoncer la fermeture, une tradition bien locale.

Voici les repères essentiels pour organiser votre venue :

  • Hiver (Octobre à Mars) : Ouverture de 7h00 à 18h30 environ
  • Été (Avril à Septembre) : Ouverture prolongée jusqu’à 20h00
  • Entrée du parc : Gratuite pour tous
  • Musées : Payants (sauf collections permanentes gratuites pour tous), fermés le lundi
  • Chiens : Autorisés mais uniquement tenus en laisse

Si vous souhaitez visiter les musées, comptez environ 2 heures pour en faire le tour correctement. Pour le parc seul, une bonne heure de flânerie suffit pour voir la cascade, le plateau et la partie zoo.

Enfin, notez que le parc est en pente. Si vous arrivez par le boulevard Longchamp, vous ferez face à des escaliers. Pour les personnes à mobilité réduite ou avec poussette, il est préférable de contourner par le boulevard du Jardin Zoologique pour accéder aux parties hautes plus doucement.

Un lieu qui respire Marseille

Le parc longchamps est bien plus qu’une attraction touristique cochée sur un guide. C’est un résumé de l’esprit marseillais : grandiose et populaire à la fois. Il mélange l’art académique du XIXe siècle avec la vie de quartier bouillonnante d’aujourd’hui.

Que vous soyez passionné d’architecture, amateur de botanique ou simplement à la recherche d’un banc au soleil pour lire le journal, cet endroit vous accueillera bras ouverts. C’est ici que l’eau est arrivée pour sauver la ville, et c’est ici que l’on revient pour souffler un peu.

Alors, prenez le tram, montez jusqu’aux Cinq-Avenues et passez la grille. Prenez le temps d’écouter le bruit de la cascade, c’est le son de l’histoire de Marseille qui coule.

Laisser un commentaire

− 3 = 2
Powered by MathCaptcha