Anse de la Fausse Monnaie : plage secrète de Marseille

En bref

  • L’anse est un spot de baignade urbain situé dans le 7ème arrondissement, sous la Corniche Kennedy
  • Le nom viendrait de “Fausso Mounedo” (vallon du silence) et non de faux-monnayeurs
  • L’accès se fait facilement par le bus 83, arrêt “Fausse Monnaie”, juste après le Vallon des Auffes

Marseille regorge de secrets bien gardés, et celui-ci fait partie des favoris des habitants du quartier d’Endoume. Loin de l’agitation des plages de sable du Prado, on trouve ici une atmosphère minérale et authentique. C’est un petit bout de littoral où le temps semble s’être arrêté, coincé entre les rochers blancs et la mer Méditerranée.

Pour comprendre l’âme de ce lieu, il faut lever les yeux. L’endroit est dominé par une structure massive en pierre qui enjambe le vallon. Ce fameux pont de la fausse monnaie marseille sert de porte d’entrée majestueuse à cette crique singulière. Il ne s’agit pas seulement d’un point de passage, mais d’un repère visuel pour tous les marins et les promeneurs de la Corniche.

Les visiteurs qui s’y aventurent pour la première fois sont souvent surpris. Pas de sable fin ici, mais des dalles de béton et des rochers plats polis par les vagues et les corps des baigneurs. C’est ce côté brut qui fait tout le charme de l’anse, offrant un refuge parfait contre le mistral grâce à sa configuration encaissée.

L’histoire méconnue derrière un nom intrigant

Le nom “Fausse Monnaie” fait immédiatement travailler l’imaginaire collectif. On s’imagine déjà des histoires de bandits, de trafics illicites ou d’ateliers clandestins cachés dans les grottes marines au XVIIIe siècle. C’est une légende tenace que les Marseillais aiment parfois raconter aux touristes crédules pour ajouter du piquant à la visite.

La réalité historique est pourtant bien différente, mais tout aussi poétique. Les linguistes et historiens locaux s’accordent à dire que le nom provient d’une déformation du terme “Fausso Mounedo”.

Cette expression, mélange de racines latines et provençales, ne parle pas d’argent. Elle désignerait plutôt le “vallon du silence” ou la “vallée solitaire”. L’étymologie renvoie à la géographie des lieux avant l’urbanisation massive.

À l’époque, ce vallon était une impasse sans issue terrestre, un lieu calme et isolé, coupé du reste de la ville. C’est ce silence, rare dans une cité portuaire bruyante, qui aurait baptisé l’endroit. Une autre théorie évoque le terme “faulx” qui désigne un accident de terrain en forme de faux, correspondant à la forme de la crique.

Quelle que soit l’origine exacte, le nom est resté gravé. Dès 1736, les cartes marines mentionnent ce lieu comme un abri sûr pour les navires à faible tirant d’eau. Les marins savaient qu’ils pouvaient y trouver refuge lorsque la mer devenait trop hargneuse au large.

Le pont de la fausse monnaie marseille : une architecture impériale

Impossible de parler de la crique sans évoquer l’ouvrage qui la surplombe. Le pont de la fausse monnaie marseille est indissociable du paysage urbain du littoral sud. Sa construction remonte au Second Empire, une période de grands travaux pour la cité phocéenne.

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Achevé en 1863, ce viaduc à trois arches a été édifié lors du percement de la Corniche Kennedy. Cette route mythique avait pour ambition de longer la mer pour offrir aux bourgeois de l’époque une promenade panoramique exceptionnelle.

Voici quelques caractéristiques notables de cet ouvrage :

  • Il est construit en pierre de taille locale, résistante aux embruns marins
  • Ses arches permettent de laisser passer le flux d’air et de lumière vers le vallon
  • Il marque la frontière symbolique entre le quartier de Malmousque et celui du Roucas Blanc
  • Il surplombe directement le petit port de pêche niché en contrebas

Sous ses arches, on découvre un monde à part. Les petits cabanons de pêcheurs s’y blottissent, protégés des intempéries. C’est un contraste saisissant entre la circulation incessante des voitures sur la Corniche et la quiétude des barques qui se balancent doucement quelques mètres plus bas.

Le pont agit comme un bouclier acoustique et visuel. Une fois descendu au niveau de la mer, le bruit de la ville s’estompe pour laisser place au clapotis de l’eau. C’est cette rupture brutale avec l’urbanisme qui rend l’endroit si précieux aux yeux des locaux.

Un spot de baignade aux allures de solarium naturel

L’Anse de la Fausse Monnaie est avant tout un lieu de vie sociale. Dès les premiers rayons de soleil du printemps, et souvent jusqu’à fin octobre, les dalles de béton et les rochers se transforment en un immense solarium. L’exposition plein sud garantit un ensoleillement optimal toute la journée.

Contrairement aux plages bondées, l’ambiance y est plus “quartier”. On y croise des habitués qui viennent piquer une tête après le travail, des retraités qui discutent politique en séchant au soleil, et des jeunes qui organisent des apéros improvisés au coucher du soleil.

La configuration des lieux offre plusieurs avantages pour les baigneurs :

  • L’accès à l’eau se fait par des échelles (comme à la piscine) ou en sautant des rochers
  • La profondeur est immédiate, idéal pour nager sans marcher 50 mètres
  • Les rochers plats permettent de s’étendre confortablement sans avoir du sable partout
  • L’eau y est souvent plus claire que sur les plages de sable remuées par la houle

Cependant, la baignade ici demande une certaine vigilance. Il n’y a pas de surveillance officielle comme sur les grandes plages du Prado. La mer peut être capricieuse et les rochers glissants.

Si vous cherchez une expérience plus sauvage et isolée, il faudra s’éloigner du centre et viser la calanque de Sugiton. Mais pour une baignade rapide et rafraîchissante en pleine ville, la Fausse Monnaie reste imbattable.

Le paradis des “pointus” et des pêcheurs

Ce qui frappe quand on arrive, c’est la présence de ces barques colorées typiquement marseillaises : les pointus. L’anse abrite un petit port minuscule, géré par une société nautique locale. Ce n’est pas un port de plaisance pour yachts de luxe, mais un abri pour les passionnés de mer.

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L’entretien de ces bateaux en bois demande un travail constant. On voit souvent les propriétaires poncer, vernir ou réparer leurs embarcations le week-end. Cela donne vie au lieu et maintient une tradition maritime forte au cœur du 7ème arrondissement.

La pêche reste une activité pratiquée ici, bien que modestement. On peut apercevoir des pêcheurs à la ligne installés sur les digues ou sur les rochers alentour, guettant la daurade ou le sar. C’est une scène paisible qui rappelle l’ambiance des petits ports du bout du monde comme Callelongue, pourtant situé à l’autre extrémité de la ville.

Informations pratiques et accès difficile

L’accès à l’anse de la Fausse Monnaie se mérite, surtout si l’on vient en voiture. Le stationnement est le point noir du quartier. Les ruelles d’Endoume sont étroites et les places le long de la Corniche sont prises d’assaut dès le matin.

La meilleure option reste sans conteste les transports en commun ou la mobilité douce. Voici les meilleures façons de s’y rendre :

  • En bus : La ligne 83 (Vieux-Port / Rond-Point du Prado) s’arrête pile devant, à l’arrêt “Fausse Monnaie”.
  • À vélo : La piste cyclable de la Corniche passe juste au-dessus. Une station de vélos en libre-service se trouve à proximité.
  • À pied : C’est une superbe balade depuis le Pharo ou le Vallon des Auffes (environ 15-20 minutes de marche).

Une fois sur la Corniche, deux accès mènent à la mer. Le premier se fait par des escaliers situés juste à côté de l’arrêt de bus. Ils descendent directement sous le pont. Le second accès se fait par la traverse de la Cascade, une petite rue en pente qui contourne le restaurant Le Petit Nice.

Attention aux personnes à mobilité réduite : le site est difficilement praticable. Les escaliers sont raides et le sol rocheux est inégal. C’est un environnement naturel brut qui n’a pas été bétonné pour l’accessibilité moderne.

Que faire autour de l’Anse de la Fausse Monnaie ?

Le quartier ne se limite pas à la baignade. L’anse est entourée de lieux emblématiques qui méritent le détour. Juste à côté, sur la presqu’île, trône le célèbre restaurant “Le Petit Nice” du chef Gérald Passedat. C’est une institution gastronomique triplement étoilée.

Même si l’on n’a pas le budget pour s’y attabler, l’architecture blanche du bâtiment se fond parfaitement dans le décor des roches calcaires. En contournant le restaurant, on accède à d’autres zones de rochers, souvent plus calmes car moins visibles depuis la route.

De l’autre côté du pont, en remontant vers le vallon, se cache le Théâtre Silvain. C’est un théâtre de verdure en plein air, construit au fond du vallon pour profiter de l’acoustique naturelle (le fameux “silence” du vallon).

Voici quelques suggestions pour compléter votre visite :

  • Assister à un concert ou une projection de film en plein air au Théâtre Silvain en été
  • Marcher jusqu’au marégraphe de Marseille, situé un peu plus loin sur la Corniche
  • Pousser la balade jusqu’au Vallon des Auffes pour voir un port encore plus traditionnel
  • Déguster une pizza en emporter assise sur le muret de la Corniche au coucher du soleil
  • Profiter des bancs situés sur le pont pour admirer la vue sur les îles du Frioul
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Comparatif : Fausse Monnaie ou Malmousque ?

Les Marseillais ont souvent leur préférence entre ces deux spots voisins. Malmousque, situé un peu plus loin, est devenu très à la mode ces dernières années. C’est un véritable labyrinthe de ruelles qui débouche sur la mer, avec un côté très pittoresque.

Cependant, Malmousque est souvent victime de son succès. Les places sur les rochers y sont chères et la foule peut être dense. L’Anse de la Fausse Monnaie offre une alternative souvent (un peu) plus respirable.

La Fausse Monnaie dispose de plus d’espace plat grâce aux dalles de béton, ce qui est plus confortable pour s’allonger. Malmousque est plus accidenté. En revanche, Malmousque offre une vue plus directe sur l’archipel d’Endoume et l’île Gaby.

En termes de vent, la Fausse Monnaie gagne le match. En cas de Mistral (vent du Nord), l’anse est remarquablement bien protégée par la falaise et le pont. À Malmousque, on est beaucoup plus exposé aux rafales.

Conseils pour une expérience optimale

Pour apprécier pleinement ce lieu, il faut vivre comme un local. Oubliez le parasol géant et la glacière familiale à roulettes, le terrain ne s’y prête pas. Ici, on voyage léger.

Le moment idéal pour s’y rendre est en fin d’après-midi, vers 18h en été. La chaleur retombe, la lumière devient dorée sur la pierre du pont de la fausse monnaie marseille, et l’ambiance devient festive. C’est l’heure sacrée de l’apéro.

Quelques recommandations pour votre sac de plage :

  • Des chaussures d’eau (ou méduses) : indispensables pour entrer dans l’eau sans se couper sur les rochers ou glisser
  • Une serviette épaisse ou un petit matelas de sol : le béton, c’est dur à la longue
  • De l’eau et de quoi grignoter : il n’y a pas de vente sur la plage même, il faut remonter sur la Corniche
  • Un masque et un tuba : les fonds rocheux sont riches en petits poissons, c’est un aquarium naturel
  • Un sac poubelle : il y a peu de poubelles en bas, remportez vos déchets pour préserver ce bijou

L’Anse de la Fausse Monnaie incarne parfaitement cet art de vivre marseillais où la mer fait partie du quotidien. Ce n’est pas une destination touristique aseptisée, mais un lieu de vie brut, vivant et attachant. Que ce soit pour l’histoire, l’architecture du pont ou simplement pour piquer une tête, ce petit vallon du silence a beaucoup à raconter à ceux qui prennent le temps de l’écouter.

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