Balade à Niolon : découverte du village côtier

En bref

  • L’accès par le Train de la Côte Bleue est vivement recommandé pour profiter des viaducs et éviter l’enfer du stationnement
  • Le sentier offre deux options principales : la boucle historique vers le Fort ou le chemin côtier vers l’Erevine
  • La meilleure période pour cette sortie reste le printemps ou l’automne pour éviter les fortes chaleurs

Quand on parle des calanques à Marseille, on pense souvent immédiatement à celles du sud, vers Cassis. Pourtant, les vrais connaisseurs savent que la Côte Bleue réserve des surprises tout aussi spectaculaires, avec un côté souvent plus sauvage et authentique. Niolon est sans doute la perle de ce littoral nord.

Ce petit port, niché sous la voie ferrée, semble avoir résisté au temps et à la modernisation excessive. Ici, pas de grands boulevards, mais des cabanons, des ruelles étroites et une ambiance de village de pêcheurs qui a su garder son âme.

Faire une balade niolon, c’est accepter de laisser la voiture au garage pour vivre une expérience complète, du trajet en train jusqu’à la baignade méritée dans une eau turquoise. C’est une sortie qui mélange patrimoine militaire, paysages calcaires et vues imprenables sur la rade de Marseille.

Nous allons détailler ici tout ce qu’il faut savoir pour réussir cette escapade, que vous soyez un marcheur du dimanche ou un randonneur plus aguerri. Préparez vos chaussures, on vous emmène découvrir ce coin de paradis.

Pourquoi privilégier le train pour votre arrivée

On ne le répétera jamais assez : venir à Niolon en voiture est une épreuve de patience qui finit souvent mal. La route est sinueuse, étroite, et le stationnement y est un véritable cauchemar, surtout les week-ends et durant les vacances scolaires.

Le village est un cul-de-sac pour les véhicules. Les places sont réservées en priorité aux résidents, et le petit parking en amont sature à une vitesse folle. Si vous arrivez après 9h30 ou 10h, vous risquez de tourner en rond pour finir par vous garer très loin, le long de la route, au risque de gêner la circulation ou de prendre une amende.

À l’inverse, le Train de la Côte Bleue fait partie intégrante de l’aventure. Ce n’est pas un simple moyen de transport, c’est une attraction en soi. La ligne, construite à flanc de falaise, enchaîne les tunnels et les viaducs qui surplombent la mer.

Depuis la gare Saint-Charles, le trajet dure une vingtaine de minutes. Vous profitez de panoramas exceptionnels sur l’Estaque et la rade, impossibles à voir depuis la route. C’est une mise en condition idéale avant d’attaquer la marche.

Voici pourquoi le train gagne le match à tous les coups :

  • La gare de Niolon vous dépose directement au départ des sentiers de randonnée
  • Vous évitez les embouteillages du retour vers Marseille en fin de journée
  • Le coût du billet est souvent inférieur à l’essence et l’usure de la voiture sur ces routes difficiles
  • Vous profitez de la vue sans avoir à garder les yeux rivés sur le bitume
  • C’est l’option la plus écologique pour préserver ce site fragile

L’itinéraire historique : La boucle du Fort de Niolon

Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire et aux panoramas en hauteur, la boucle passant par le fort militaire est incontournable. C’est une randonnée de niveau moyen qui permet de dominer la mer.

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En sortant de la gare, le réflexe est souvent de descendre vers le port. Pour cette boucle, il faut au contraire partir sur la gauche et longer la voie ferrée. On emprunte ce qu’on appelle le “chemin des poseurs”. C’est un sentier technique qui longe les rails et offre une vue plongeante immédiate.

Il faut continuer tout droit jusqu’à ce que le sentier descende sur la droite et traverse un petit pont en pierre. C’est après ce passage que l’effort commence vraiment, avec une remontée vers la zone militaire.

Le sentier vous mène à un croisement stratégique. En prenant à gauche vers l’est, on peut observer une batterie militaire en ruine. C’est un détour qui vaut le coup d’œil pour comprendre l’importance stratégique du lieu.

L’itinéraire principal continue de monter entre les barres rocheuses calcaires typiques de la région et le vallon du Jonquier. C’est ici que la garrigue explose de senteurs : thym, romarin et lentisques bordent le chemin.

Au grand croisement suivant, il faut tourner à droite. Environ 500 mètres plus loin, une nouvelle descente à droite vous rapproche du vallon. La signalétique n’est pas toujours parfaite, donc gardez l’œil ouvert.

Vous finirez par rejoindre la route D48. C’est la partie la moins “nature” mais elle est nécessaire pour boucler la boucle. En descendant cette route sinueuse, vous longez des champs d’oliviers qui rappellent la Provence agricole d’autrefois.

L’arrivée se fait par le vallon de la Vesse. On passe sous le viaduc ferroviaire impressionnant pour rejoindre le port de la Vesse, avant d’emprunter le chemin des Douaniers pour revenir à Niolon.

Le sentier littoral : Cap sur la Calanque de l’Erevine

Si vous préférez rester au plus près de l’eau, l’autre option majeure est de partir vers l’ouest en direction de la calanque de l’Erevine. C’est le tracé préféré des baigneurs et des amateurs de photos.

Le départ se fait également en longeant la voie ferrée, mais l’ambiance change rapidement. Le sentier, balisé en bleu, devient plus accidenté. On ne parle pas d’une promenade de santé : il faut de bonnes chaussures car le terrain est caillouteux.

Vous passerez d’abord par la calanque du Riflard. C’est un endroit qui a du caractère, avec un passage étroit entre la falaise et un éperon rocheux. Le bruit du ressac contre la roche y est amplifié, donnant une sensation de puissance naturelle.

Le chemin demande un peu d’attention. Il y a des pins en travers, des zones où la roche s’est affaissée, et quelques passages où il faut mettre les mains. Rien d’insurmontable, mais cela pimente la balade niolon.

On aperçoit ensuite le Moulon, un rocher qui s’avance dans la mer. C’est un spot prisé par ceux qui veulent s’isoler des foules. Les rochers y sont accueillants pour une pause au soleil, à condition d’arriver tôt.

L’objectif final reste l’Erevine. Située sous un pont de voie ferrée, cette plage de galets blancs offre une eau d’une clarté cristalline. C’est souvent le point de demi-tour pour les randonneurs qui rentrent ensuite par le même chemin.

Le patrimoine militaire : Comprendre le Fort de Niolon

Impossible de faire cette balade sans remarquer les imposantes structures qui dominent la colline. Le Fort de Niolon Haut est un témoin majeur de l’histoire défensive de Marseille.

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Construit entre 1860 et 1880, cet ensemble de batteries a été conçu par le général Séré de Rivières. L’objectif était simple : protéger la rade de Marseille contre toute attaque maritime ennemie grâce à une position surélevée imprenable.

Le site culmine à 193 mètres au-dessus de la mer. Cette position offrait un angle de tir idéal pour les canons de l’époque. L’histoire du fort ne s’arrête pas au XIXe siècle, puisqu’il a joué un rôle durant la Seconde Guerre mondiale.

À partir de 1942, l’armée allemande a occupé les lieux. Ils ont remanié une partie des installations pour y intégrer leurs propres défenses, dont des bunkers encore visibles aujourd’hui.

Il est important de noter quelques points de vigilance concernant ce site historique :

  • Le fort a subi de nombreuses dégradations et actes de vandalisme au fil des années
  • Le Conservatoire du Littoral a officiellement fermé l’accès à l’intérieur du fort pour des raisons de sécurité
  • Les structures sont instables et il est dangereux de s’aventurer dans les souterrains ou les bâtiments
  • On peut admirer l’architecture extérieure, notamment la partie basse via le chemin de la batterie, sans prendre de risques inutiles

Où se baigner et se détendre après la marche

Après l’effort, le réconfort. Niolon et ses environs offrent plusieurs options pour se rafraîchir, chacune avec son ambiance particulière. Ce n’est pas du sable fin, mais le charme des rochers et des galets.

La zone de baignade du port de Niolon est la plus accessible. L’eau y est profonde et claire, idéale pour nager. C’est un lieu vivant où l’on croise les plongeurs du centre UCPA, une institution locale.

Si vous cherchez un peu plus de calme, la Calanque de la Vesse est une excellente alternative. Située juste à côté, elle est souvent un peu moins fréquentée que sa voisine. L’accès se fait par une petite route ou par le sentier côtier.

Pour les amateurs de snorkeling (randonnée palmée), la zone entre les deux calanques est riche en vie sous-marine. Deux petits îlots proches de la côte abritent de nombreux poissons. C’est un spot reconnu, tout comme peut l’être le secteur des Goudes à l’autre bout de la ville.

Enfin, pour ceux qui ont marché jusqu’à l’Erevine, la récompense est là. L’eau y a souvent des teintes caribéennes grâce au fond de galets blancs. Attention toutefois, il n’y a aucune zone d’ombre naturelle sur la plage même.

Se restaurer à Niolon : Une pause gourmande

Contrairement à certaines calanques totalement sauvages, Niolon a l’avantage de proposer de vraies solutions pour déjeuner. Le village vit toute l’année et accueille les visiteurs affamés.

Plusieurs établissements se sont installés ici, profitant de la vue imprenable sur la mer. C’est l’occasion de manger des produits de la mer dans un cadre qui n’a rien à envier aux cartes postales.

L’Auberge du Mérou est une institution locale située directement sur le port. C’est le genre d’endroit où l’on aime s’attarder en terrasse. Un autre choix populaire est le restaurant L’Ancre, apprécié pour sa terrasse panoramique.

Si vous optez pour le restaurant, voici quelques règles d’or :

  • La réservation est quasiment obligatoire, surtout le week-end et en saison estivale
  • Les services peuvent être complets très tôt, dès 12h30
  • Les tarifs sont ceux d’un lieu touristique prisé, mais la vue justifie souvent l’addition
  • Vérifiez les jours d’ouverture hors saison, car certains établissements ferment une partie de l’hiver
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Pour les budgets plus serrés ou les puristes, le pique-nique reste une option fantastique. Les rochers autour du port ou sur le sentier offrent des “tables” naturelles avec vue sur Marseille. Attention cependant à ne laisser absolument aucun déchet derrière vous.

Conseils pratiques et équipements

Une balade niolon ne s’improvise pas totalement, même si l’altitude reste modeste. Le terrain est typiquement méditerranéen : rocailleux, sec et exposé aux éléments.

L’équipement est primordial. Oubliez les tongs ou les petites sandales de ville. Les pierres calcaires peuvent être très glissantes, surtout si elles ont été polies par le passage des marcheurs ou humidifiées par les embruns.

L’eau est votre meilleure alliée. Il n’y a pas de point d’eau potable sur les sentiers, ni vers le fort, ni vers l’Erevine. En été, la réverbération du soleil sur la roche blanche augmente la sensation de chaleur de manière significative.

Voici la liste de ce qu’il faut absolument avoir dans son sac :

  • Au moins 1,5 à 2 litres d’eau par personne, même en demi-saison
  • Des chaussures de randonnée ou de bonnes baskets à semelle crantée
  • Une protection solaire complète (chapeau, lunettes, crème), car l’ombre est rare
  • Un sac poubelle pour remporter tous vos déchets jusqu’à une poubelle en ville
  • Un maillot de bain et une serviette, car la tentation sera grande

Enfin, respectez la tranquillité des lieux. Niolon est un village habité, pas un parc d’attractions. Le bruit résonne dans les vallons, et les habitants apprécient que les visiteurs restent discrets dans les ruelles.

Comparaison avec les autres calanques

On nous demande souvent si Niolon vaut le coup par rapport aux calanques plus célèbres comme Sormiou ou En-Vau. La réponse est un grand oui, mais pour des raisons différentes.

Les calanques du sud sont grandioses, avec des falaises vertigineuses, mais elles sont souvent victimes de leur succès avec une surfréquentation massive. Niolon offre une échelle plus humaine, plus villageoise.

C’est aussi un excellent point de chute si vous voulez éviter la voiture, contrairement à certains accès complexes. De plus, l’ambiance y est moins “tourisme de masse” et plus “Marseille authentique”, un peu comme ce que l’on retrouve au vallon des Auffes, avec ce côté petit port dans la ville.

La Côte Bleue est aussi géologiquement différente. Les strates rocheuses, les viaducs du train et la végétation donnent un cachet unique à vos photos. C’est une autre facette de la Provence maritime à découvrir absolument.

Pour finir, Niolon est une destination qui se savoure toute l’année. En hiver, à l’abri du Mistral dans certaines criques, on peut y prendre le soleil en t-shirt. En été, c’est un spot de fraîcheur grâce à la mer, même si l’affluence y est plus forte.

Alors, pour votre prochaine sortie, laissez la voiture, sautez dans le train à Saint-Charles et venez voir par vous-même pourquoi les Marseillais sont si attachés à ce petit bout de côte.

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