Chez Picone : cuisine familiale marseillaise

En bref

  • Une adresse historique ouverte depuis 1971 au 120 La Canebière
  • Cuisine mixte combinant pizzas au feu de bois et plats provençaux mijotés
  • Emplacement idéal près du Théâtre du Gymnase et du Vieux-Port

La Canebière a beaucoup changé au fil des décennies, voyant passer les modes et les enseignes. Pourtant, au milieu de cette artère mythique qui descend vers la mer, certaines façades résistent au temps et gardent l’âme du Marseille d’antan. C’est le cas de l’une des adresses les plus fidèles du quartier.

Quand on pousse la porte de chez picone, on ne rentre pas simplement dans un restaurant, on pénètre dans un morceau d’histoire locale. Ici, pas de chichi ni de décoration “tendance” refaite tous les six mois pour plaire aux influenceurs.

L’établissement cultive une authenticité rassurante qui attire aussi bien les habitués du quartier Noailles que les amateurs de théâtre ou les touristes curieux. C’est une cantine comme on les aime, bruyante juste ce qu’il faut et vivante.

En ce mois de décembre 2025, alors que le froid s’installe sur la cité phocéenne, trouver une table chaleureuse devient une priorité. C’est l’endroit parfait pour comprendre ce qu’est la convivialité à la marseillaise, celle qui mélange les générations et les origines autour d’une assiette généreuse.

Une institution familiale ancrée depuis 1971

L’histoire de ce lieu remonte à plus d’un demi-siècle. Fondé en 1971, l’établissement a vu défiler plusieurs générations de Marseillais. La famille Picone, originaire de Sicile, a su imprimer sa marque dès le début.

La devanture elle-même annonce la couleur. Avec son habillage de bois sombre, elle rappelle les commerces traditionnels que l’on pourrait croiser dans les rues de Palerme ou de Catane. Elle tranche avec les vitrines modernes alentour.

À l’intérieur, le temps semble s’être suspendu. Les fresques murales dépeignant la vie marseillaise font partie intégrante du décor. Elles ne sont pas là pour faire joli, elles témoignent de l’attachement viscéral de la maison à sa ville d’adoption.

Ce respect des traditions se sent dès l’accueil. Le service y est connu pour être efficace, parfois direct, mais toujours avec cette gouaille et ce professionnalisme des vieilles brasseries. On ne vient pas ici pour être servi par des robots, mais par des humains qui connaissent leur métier.

Voici ce qui caractérise l’ambiance unique du lieu :

  • Un décor préservé avec ses boiseries et ses peintures d’époque
  • Une clientèle hétéroclite mêlant avocats, commerçants et familles
  • Le bruit caractéristique des conversations animées et des couverts
  • Une odeur alléchante de pâte à pizza et de sauce tomate qui flotte en permanence
  • La vue sur le four à bois qui trône en maître dans la salle
À lire aussi   L'Entrecôte du Port : viande et vue sur le Vieux-Port

La rencontre culinaire entre la Provence et l’Italie

Marseille a toujours été une terre d’accueil, et sa cuisine s’en ressent fortement. La carte de chez picone est le parfait reflet de ce métissage heureux entre les saveurs provençales et l’héritage italien.

On ne choisit pas son camp ici : on mange aussi bien des pâtes que des daubes. C’est cette double culture qui fait la force de l’établissement. Les produits frais sont la base de tout, une évidence qui mérite d’être rappelée à une époque où le surgelé gagne du terrain.

Les influences siciliennes se retrouvent dans la générosité des portions et l’utilisation marquée de l’huile d’olive, de l’ail et des tomates gorgées de soleil. Mais le terroir local n’est jamais loin, avec des herbes de Provence qui parfument les plats mijotés.

C’est l’endroit idéal pour découvrir toute la richesse des spécialités marseillaises sans se ruiner. La cuisine familiale proposée ici est celle que l’on mangeait le dimanche chez la grand-mère, simple mais exécutée avec maîtrise.

Les plats mijotés : le goût de la tradition

Si beaucoup viennent pour les pizzas, les connaisseurs savent que la section “cuisine” de la carte recèle des trésors. L’établissement met un point d’honneur à perpétuer des recettes qui tendent à disparaître des restaurants modernes.

Les alouettes sans tête figurent en bonne place parmi les incontournables. Pour les novices, précisons qu’il ne s’agit pas d’oiseaux, mais de fines tranches de bœuf roulées et farcies, mijotées longuement dans une sauce au vin et aux champignons.

Autre monument de la gastronomie locale présent à la carte : les pieds paquets marseillais. Ce plat d’abats (pieds et tripes d’agneau), qui demande des heures de préparation et de cuisson, est ici réalisé dans les règles de l’art.

On retrouve également la daube provençale, où la viande confit doucement jusqu’à devenir fondante. Ces plats en sauce sont particulièrement appréciés en hiver, apportant un réconfort immédiat.

Les amateurs de produits de la mer ne sont pas oubliés avec les supions. Ces petits calamars sont préparés à la provençale ou à l’armoricaine, souvent relevés d’ail et de persil, rappelant que le Vieux-Port n’est qu’à quelques centaines de mètres.

Le four à bois et les pizzas d’exception

Impossible de parler de ce restaurant sans évoquer son four à bois. Il est le cœur battant de la salle, et le spectacle du pizzaiolo enfournant les pizzas est une distraction en soi. La cuisson au feu de bois apporte ce goût fumé inimitable et cette pâte croustillante.

À lire aussi   Restaurant du Pullman Marseille Palm Beach

La carte des pizzas est impressionnante par sa variété et la qualité des ingrédients sourcés. L’établissement travaille notamment avec la maison Castellano pour sa mozzarella, un gage de qualité reconnu dans la région.

Les recettes vont des classiques aux créations plus audacieuses. On trouve par exemple des pizzas intégrant de la saucisse piquante ‘nduja’ ou de la scamorza (mozzarella fumée), des clins d’œil appuyés aux racines italiennes de la maison.

Voici quelques exemples de compositions que l’on peut déguster :

  • La classique aux anchois et olives noires, simple et efficace
  • La version à la brousse et au figatelli, mélangeant Corse et Provence
  • La pizza aux poivrons verts crus et chair à saucisse aillée
  • La recette armoricaine aux fruits de mer (moules, crevettes, supions)
  • L’option végétarienne aux légumes frais et champignons

Salades et fraîcheur pour les déjeuners légers

Même si les plats en sauce et les pizzas sont les stars, la carte propose une large sélection de grandes salades. C’est une option souvent privilégiée par les travailleurs du quartier le midi, qui cherchent un repas complet mais plus léger.

Les compositions sont généreuses et ne se moquent pas du client. On est loin de la simple feuille de laitue triste. Ici, les salades sont de véritables plats principaux, chargées en ingrédients.

La salade César côtoie des versions plus locales avec anchois et thon. On trouve aussi des associations avec du chèvre chaud, du roquefort et des noix, ou encore des foies de volaille déglacés au vinaigre de Xérès.

Les tomates Cœur de Bœuf, servies avec de la Mozzarella di Bufala et du basilic frais, restent un best-seller dès que la saison le permet, célébrant la simplicité du produit brut de qualité.

Un emplacement stratégique au cœur du 1er arrondissement

Situé au 120 La Canebière, le restaurant bénéficie d’une localisation centrale. Il se trouve à proximité immédiate du Théâtre du Gymnase, ce qui en fait la cantine officieuse des spectateurs avant ou après les représentations.

Cette proximité avec les lieux culturels influence l’ambiance du soir. Il n’est pas rare de voir les tables se remplir rapidement vers 19h avant le début des spectacles, puis une seconde vague arriver plus tard pour débriefing la pièce autour d’un verre.

À lire aussi   Plage de l'Huveaune à Marseille

Le restaurant est également tout proche du Vieux-Port et de l’Église des Réformés, ce qui en fait une halte parfaite lors d’une journée de visite. Vous êtes au centre de l’effervescence urbaine, mais dans un cocon qui a gardé ses repères.

Contrairement à certains établissements touristiques du quai, ici, on ne cherche pas à vous vendre une fausse bouillabaisse traditionnelle à prix d’or. On vous sert ce que les Marseillais mangent vraiment au quotidien.

Infos pratiques pour réussir votre visite

Pour profiter pleinement de l’expérience chez picone, quelques conseils s’imposent. L’affluence peut être importante, surtout les soirs de week-end ou les jours de spectacle au théâtre voisin.

La réservation est plus que conseillée, voire indispensable si vous venez en groupe. La salle, bien que conviviale, n’est pas extensible et les habitués sont nombreux à avoir leurs ronds de serviette (façon de parler).

L’accès est particulièrement simple grâce aux transports en commun. Le tramway passe juste devant, et les stations de métro Noailles ou Réformés-Canebière sont à quelques minutes de marche à peine.

Voici les informations essentielles à retenir :

  • Adresse exacte : 120 La Canebière, 13001 Marseille
  • Transports : Métro M2 (Noailles), Tramway T2 (Arrêt Canebière Garibaldi)
  • Réservation : Fortement recommandée par téléphone
  • Type de paiement : Cartes bancaires et espèces acceptées
  • Horaires : Ouvert midi et soir (vérifier le jour de fermeture hebdomadaire, souvent le lundi ou dimanche selon la saison)

Pourquoi on y retourne toujours

Ce qui fait le succès de cette maison depuis plus de 45 ans, c’est la constance. Dans une ville où tout bouge très vite, savoir que l’on retrouvera le même goût de la sauce tomate et le même accueil est précieux.

Les prix restent corrects pour la qualité et la quantité proposées. On n’a pas l’impression de payer le “décor” ou l’adresse, mais bien ce qu’il y a dans l’assiette. C’est un rapport qualité-prix honnête qui fidélise la clientèle.

Que ce soit pour une pizza rapide entre collègues, un dîner en famille avec les enfants (qui adorent voir le four) ou un repas d’affaires décontracté, l’endroit s’adapte à toutes les situations sans jamais perdre son âme.

Finalement, manger chez Picone, c’est un peu comme rendre visite à un vieil oncle marseillais : on sait qu’on sera bien reçu, qu’on mangera trop, et qu’on repartira avec le sourire et l’accent qui chante un peu plus fort.

Laisser un commentaire

63 − 57 =
Powered by MathCaptcha