En bref
- Le Makeda occupe l’adresse historique du 105 rue Ferrari, dans le 5e arrondissement de Marseille
- La salle perpétue l’héritage musical de l’ancien Poste à Galène avec une capacité intimiste de 297 places
- L’association Orizon Sud y organise concerts, soirées à thème et accompagnement d’artistes émergents
Si vous demandez aux habitués des nuits phocéennes où ils ont vu leur premier concert de rock dans les années 90, la réponse est souvent la même. Le 105 rue Ferrari reste une adresse gravée dans la mémoire collective de la ville. C’est ici que bat le cœur d’une certaine idée de la musique live.
En cette fin d’année 2025, cela fait maintenant plusieurs années que le paysage musical du quartier a évolué. Pourtant, l’esprit des lieux demeure intact. On ne peut pas évoquer la scène locale sans parler de l’histoire du poste a galene marseille, cette salle qui a marqué des générations.
Ce lieu n’est pas simplement un espace clos avec une scène et un bar. C’est un témoin privilégié de l’évolution culturelle de notre cité. De la fureur des guitares électriques aux rythmes plus éclectiques d’aujourd’hui, les murs ont absorbé trente ans de vibrations.
Aujourd’hui, sous le nom de Makeda, la salle continue d’écrire sa légende. Elle a su se réinventer sans trahir ses origines, portée par une équipe féminine et dynamique qui a compris que Marseille avait besoin de lieux de partage autant que de lieux de fête.
L’héritage rock d’une institution marseillaise
Pendant vingt-sept ans, le Poste à Galène a régné en maître sur le centre-ville. C’était la maison du rock, le point de ralliement des amateurs de décibels et de riffs saturés. Une époque où la proximité avec l’artiste primait sur le confort des grandes arenas.
La configuration de la salle a toujours joué un rôle majeur dans son succès. Avec ses 297 places, elle offre une “dimension humaine” rare. C’est cette jauge réduite qui permettait une communion directe entre le public et les musiciens sur scène.
De nombreux artistes aujourd’hui célèbres y ont fait leurs premières armes. On se souvient des passages d’artistes comme -M- ou du groupe Hocus Pocus. Ces noms, devenus incontournables, ont profité de l’intimité du lieu pour tester leur musique face à un public marseillais réputé exigeant mais chaleureux.
Au fil des décennies, la programmation s’était diversifiée. Le rock pur et dur a laissé un peu de place à d’autres genres :
- La chanson française à textes
- Le reggae et ses vibrations positives
- Le blues authentique
- Les musiques électroniques émergentes
Cependant, vers la fin des années 2010, le modèle s’essoufflait. Les concerts emblématiques se faisaient plus rares, laissant trop souvent la place à des soirées DJ. L’activité déclinait et il fallait un nouveau souffle pour sauver ce temple de la musique.
La transition vers le Makeda : une nouvelle ère
La fermeture du Poste à Galène en 2019 aurait pu marquer la fin d’une belle histoire. C’était sans compter sur la détermination de l’association Orizon Sud. Déjà active dans l’organisation de concerts dans cette même salle, l’association a relevé le défi du rachat.
À la tête de ce projet, deux femmes passionnées : Aude Kaboré et Francine Ouédraogo Bonnot. Le patron historique de la salle leur a proposé de reprendre le flambeau, conscient que l’âme du lieu serait entre de bonnes mains avec ces militantes de la diversité culturelle.
Le changement de nom n’est pas anodin. Le Makeda fait référence à la reine de Saba. C’est un symbole fort, une figure historique de femme puissante qui incarne parfaitement la nouvelle direction prise par l’établissement. Ce choix marque une volonté d’ouverture et de force.
L’objectif affiché dès la reprise était clair : sauver ce lieu incontournable de la scène marseillaise. Il ne s’agissait pas d’en faire un musée du rock, mais un véritable lieu de partage, ouvert sur le monde et sur les différentes communautés qui composent Marseille.
Une mission culturelle au cœur du projet
L’association Orizon Sud, créée en 2008, ne s’est pas contentée de gérer une billetterie. Son ADN repose sur la promotion de la diversité culturelle et le mélange des genres. Cette philosophie se ressent dès que l’on franchit les portes du Makeda.
Le but est de favoriser les échanges entre des artistes de toutes origines et de toutes générations. On cherche ici à briser les barrières, qu’elles soient musicales ou sociales. Le public s’y mélange, reflétant la réalité cosmopolite de notre ville.
Le désenclavement des publics est une priorité. La salle ne s’adresse pas uniquement aux initiés ou aux habitués du centre-ville. Elle déploie des actions pour attirer des spectateurs de tous âges et de tous horizons, faisant de la musique un vecteur d’expérience commune.
Voici les piliers de cette nouvelle identité culturelle :
- Promouvoir le “vivre ensemble” à travers la fête
- Donner une chance à tous les artistes de transmettre leur art
- Mêler production éclectique et soirées thématiques
- Créer un espace sécurisant et ouvert à tous
Le Tremplin Orizon Sud : découvrir les stars de demain
L’un des rôles majeurs du Makeda est le soutien à la création locale. La salle ne se contente pas d’accueillir des têtes d’affiche, elle fabrique les succès futurs grâce au Tremplin Orizon Sud. Ce concours est devenu une institution pour les jeunes talents de la région Sud.
Le principe est strict mais stimulant : les reprises sont interdites. Pour participer, il faut composer ses propres chansons. Que l’on soit un chanteur solo ou un groupe, quel que soit le style musical, la créativité originale est le seul critère d’entrée.
Le processus de sélection est rigoureux. Après un premier tri par un jury de professionnels, les artistes retenus ont la chance de se produire en conditions réelles lors de sessions live au Makeda. C’est l’épreuve du feu, face à un vrai public et un système son professionnel.
Le public a d’ailleurs son mot à dire. Dans ce concours, les spectateurs peuvent voter pour repêcher des artistes et leur offrir une place dans la compétition. C’est une manière d’impliquer les Marseillais dans la vie culturelle de leur ville.
Les récompenses pour les lauréats sont concrètes et utiles pour une carrière :
- Une résidence de travail de trois jours au Makeda
- Une programmation sur une scène lors de la Fiesta des Sud
- Une visibilité accrue auprès des professionnels
- Un accompagnement pour structurer leur projet
Un dispositif complet d’accompagnement artistique
Si vous êtes un artiste émergent et que vous avez raté les inscriptions du Tremplin, le Makeda reste une ressource précieuse. La structure a développé un dispositif d’accompagnement personnalisé qui s’adapte au niveau de chaque musicien ou groupe.
L’équipe du lieu apporte un soutien technique et artistique pointu. Cela peut concerner les arrangements musicaux ou la mise en scène. Travailler son jeu de scène dans une salle équipée est une opportunité rare pour des groupes qui répètent souvent dans des garages ou des studios exigus.
L’aide ne s’arrête pas à la musique. Le Makeda soutient aussi les artistes sur le volet communication. Savoir concevoir un dossier de presse efficace ou définir une stratégie sur les réseaux sociaux est aujourd’hui indispensable pour percer.
Le volet administratif est aussi pris en charge. L’équipe aide au montage d’associations ou à la compréhension des contrats, des aspects souvent obscurs pour les créatifs. De plus, le Makeda organise chaque année une dizaine de résidences de création.
Ces résidences se terminent souvent par des restitutions publiques. Ces “apéro-concerts” permettent aux artistes de tester leurs nouveautés dans une ambiance détendue, et au public de découvrir les coulisses de la création.
Programmation et vie nocturne : la fête pour tous
Le Makeda sait aussi se transformer en club pour faire danser Marseille. L’objectif premier reste de vous offrir un lieu où passer de bonnes soirées entre amis. La programmation alterne savamment entre concerts intimistes et nuits endiablées.
Les genres musicaux balayés sont vastes. Du jazz aux performances rock, en passant par des spectacles pour enfants, il y a une sortie pour chaque goût. Cette diversité est la clé de la longévité du lieu dans un secteur concurrentiel.
Les soirées à thème sont particulièrement courues. On pense notamment à la fameuse “BOUM du samedi”. Un samedi par mois, le Makeda remonte le temps avec une soirée karaoké dédiée aux tubes des années 90, suivie d’un DJ set pour finir la nuit.
Ce type d’événement ancre la salle dans la culture nocturne marseillaise actuelle. C’est un équilibre subtil entre la nostalgie des années Poste à Galène et la modernité d’un club inclusif.
Pour connaître les prochains événements, il est conseillé de consulter régulièrement l’agenda en ligne. La programmation bouge vite et les soirées affichent souvent complet, preuve que la formule séduit toujours autant.
Situation géographique et ancrage local
Situé rue Ferrari, le Makeda bénéficie d’une position stratégique. Nous sommes à la jonction entre le centre-ville classique et le quartier bohème de la Plaine et du Cours Julien. C’est un carrefour de passage pour les noctambules.
Le quartier est connu pour son effervescence artistique. En sortant d’un concert, il n’est pas rare de flâner dans les rues adjacentes pour admirer le street art Marseille qui recouvre les façades du quartier, prolongeant l’expérience culturelle.
Venir au Makeda, c’est aussi profiter d’un réseau. L’association Orizon Sud rassemble des professionnels du secteur, des médias régionaux et des personnalités locales. C’est un hub où les connexions se font autour d’un verre après le show.
Pour vous rendre sur place, voici quelques informations pratiques à garder en tête :
- Adresse exacte : 105 rue Ferrari, 13005 Marseille
- Transports : Métro Notre-Dame du Mont ou Tramway T1
- Stationnement : Privilégiez les parkings de la Plaine ou Jean Jaurès
- Horaires : Variables selon les concerts et soirées clubbing
L’avenir de la scène musicale rue Ferrari
En regardant en arrière, on mesure le chemin parcouru depuis l’ouverture du Poste à Galène en 1992. Trente ans plus tard, l’adresse n’a rien perdu de sa superbe. Elle a su muter pour survivre, passant du temple du rock à un espace culturel global.
La réussite du Makeda prouve qu’une salle de concert indépendante peut prospérer en restant fidèle à des valeurs d’ouverture. En soutenant la création locale tout en faisant danser le public, l’équipe actuelle honore le passé tout en construisant l’avenir.
Que vous soyez un nostalgique de l’époque du poste a galene marseille ou un jeune étudiant découvrant la ville, cette salle a quelque chose à vous offrir. C’est un morceau de patrimoine vivant qui continue de vibrer chaque semaine.
Alors, la prochaine fois que vous cherchez où sortir, jetez un œil au programme du 105 rue Ferrari. Il y a fort à parier que la magie opère encore, entre les murs de cette salle qui a vu grandir tant d’artistes.