Les films cultes tournés à Marseille

En bref

  • Type de lieux : Décors naturels, quartiers historiques, bord de mer et cités urbaines
  • Notre coup de cœur : L’Estaque, véritable village de cinéma à ciel ouvert
  • Bon à savoir : La plupart des lieux de tournage sont accessibles en métro ou bus RTM

Marseille crève l’écran. Ce n’est pas un hasard si les réalisateurs du monde entier posent leurs caméras ici depuis près d’un siècle. La lumière y est unique, crue, violente parfois, mais toujours photogénique. La ville ne sert pas simplement de décor ; elle s’impose souvent comme le personnage principal, avec son caractère bien trempé et ses contrastes saisissants.

Des ruelles étroites du centre historique aux vastes étendues des calanques, en passant par l’architecture brute des quartiers Nord, la cité phocéenne offre une palette visuelle infinie. On y trouve tout : la comédie légère, le polar noir, le drame social et le blockbuster hollywoodien. Découvrir ces films sur marseille, c’est s’offrir une visite guidée différente, loin des sentiers battus touristiques classiques.

En cette fin d’année 2025, alors que la ville continue d’attirer les productions, redécouvrons ensemble dix œuvres majeures qui ont façonné l’imaginaire marseillais. Préparez-vous à marcher sur les traces de Matt Damon, de Lino Ventura ou des personnages de Pagnol, dans une ville qui mélange fiction et réalité avec une aisance déconcertante.

1. La Trilogie Marseillaise (Marius, Fanny, César)

Impossible de parler de cinéma ici sans évoquer Marcel Pagnol. Bien que le premier volet, “Marius”, ait été tourné en grande partie en studio, cette trilogie a gravé dans le marbre l’image du Vieux-Port de Marseille. On y retrouve l’âme de la ville, celle des années 30, avec ses discussions interminables, son sens de la galéjade et cette humanité débordante qui caractérise encore les habitants aujourd’hui.

Le Bar de la Marine, bien que transformé, existe toujours et reste un lieu de pèlerinage pour les cinéphiles. En vous promenant sur le quai de Rive-Neuve, vous pouvez presque entendre la voix de Raimu résonner. C’est l’occasion de prendre le célèbre Ferry Boat, qui traverse le port en quelques minutes, perpétuant une tradition locale immortalisée dans ces films cultes.

  • Accès : Métro 1, station Vieux-Port Hôtel de Ville
  • À voir : Le Bar de la Marine et la traversée en Ferry Boat
  • Tarif : Traversée du Ferry Boat gratuite pour les abonnés RTM (ou 0,50€)
  • Bon plan : Y aller le matin tôt pour voir le marché aux poissons, comme à l’époque

2. French Connection 2

Oubliez la carte postale ensoleillée. Dans ce polar oscarisé des années 70, Marseille montre son visage de plaque tournante internationale, sombre et nerveuse. Le réalisateur John Frankenheimer utilise la ville comme un labyrinthe. On y voit Gene Hackman courir dans des lieux emblématiques, transformant la cité en un terrain de chasse haletant.

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Le film met particulièrement en valeur le Vallon des Auffes, ce petit port de pêche traditionnel encaissé sous la Corniche, mais aussi le quartier du Panier. À l’époque, le Panier était bien plus “coupe-gorge” qu’aujourd’hui. Revoir ce film permet de mesurer l’incroyable transformation urbaine de ces ruelles désormais prisées des touristes et des artistes.

  • Accès : Bus 83 pour le Vallon des Auffes, arrêt du même nom
  • Ambiance : Port de pêche authentique et ruelles escarpées
  • Tarif : Gratuit (sauf si vous déjeunez chez Fonfon !)
  • Bon plan : Descendre au Vallon des Auffes au coucher du soleil pour la lumière

3. L’Armée des ombres

Jean-Pierre Melville signe ici le chef-d’œuvre absolu sur la Résistance. Marseille y apparaît sous un jour froid, gris, presque métallique. Loin des clichés du Sud exubérant, la ville devient le théâtre d’opérations clandestines et de tragédies silencieuses. C’est une vision rare de la cité phocéenne, austère et digne.

Le lieu marquant reste le Palais de Justice, situé place Monthyon. Son architecture imposante sert de décor à l’une des scènes clés du film. Passer devant ce bâtiment après avoir vu le film donne une tout autre dimension à ses colonnes et à ses marches. C’est une plongée dans l’histoire douloureuse et héroïque de la ville durant l’Occupation.

  • Accès : Métro 1, station Estrangin – Préfecture
  • Intérêt : Architecture néoclassique et histoire de la Résistance
  • Tarif : Visite extérieure gratuite
  • Bon plan : Prolongez la visite par le Musée de la Résistance non loin de là

4. Marius et Jeannette

Robert Guédiguian est à Marseille ce que Woody Allen est à New York. Avec “Marius et Jeannette”, il livre une lettre d’amour au quartier de l’Estaque. Ce n’est pas le Marseille du centre-ville, mais celui des ouvriers, des usines d’antan, des petites maisons colorées et de la solidarité de voisinage. On y sent l’odeur du ciment et des chichis.

L’Estaque a gardé cet esprit villageois. On peut s’y balader dans les “carrés” (ces petites ruelles étroites), monter vers l’église pour admirer le panorama sur la rade, ou simplement s’asseoir en terrasse pour refaire le monde. Le film capture cette essence populaire et chaleureuse qui fait battre le cœur du 16ème arrondissement.

  • Accès : Bus 35 depuis la Joliette ou Navette Maritime (en saison)
  • Spécialité : Manger des panisses et des chichis frégi sur le port
  • Tarif : Ticket de bus ou navette RTM
  • Bon plan : Prendre le Train de la Côte Bleue pour une arrivée spectaculaire

5. Taxi

On ne peut pas faire ce classement sans citer le bolide blanc de Luc Besson. “Taxi” a marqué toute une génération et a transformé les rues de Marseille en circuit de Formule 1 urbain. Les courses-poursuites sur la Corniche Kennedy ou les dérapages près du Vélodrome font partie de la culture populaire locale.

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Même si la vitesse est (théoriquement) limitée, emprunter la Corniche reste un plaisir absolu. Cette route qui longe la mer offre l’un des plus beaux panoramas de Méditerranée. On y retrouve l’énergie du film, le vent, la lumière et cette sensation de liberté quand on roule face aux îles du Frioul. C’est le Marseille fun et décomplexé.

  • Accès : Bus 83 tout le long de la Corniche
  • Lieux : La Corniche, le virage du Marégraphe, le Vieux-Port
  • Tarif : Gratuit (promenade)
  • Bon plan : Louer un vélo électrique pour faire toute la côte sans effort

6. Un, deux, trois, soleil

Bertrand Blier offre une vision singulière de la ville et de sa périphérie. Ici, c’est la chaleur qui domine, une chaleur écrasante qui pèse sur les personnages. Le film explore les zones intermédiaires, entre les barres d’immeubles et la nature rocailleuse qui reprend ses droits. C’est un Marseille onirique et dur à la fois.

Ce film donne envie d’explorer les collines qui entourent la ville. Ces massifs calcaires blancs qui reflètent le soleil créent une atmosphère unique, presque western. C’est l’occasion de découvrir que Marseille est aussi une ville de montagne, où la garrigue commence souvent au pied des tours d’habitation.

  • Accès : Bus vers les massifs de l’Étoile ou du Garlaban
  • Activité : Randonnée pédestre
  • Tarif : Gratuit
  • Bon plan : Prévoir beaucoup d’eau, comme les personnages du film !

7. Vénus et Fleur

Emmanuel Mouret filme la légèreté de l’été marseillais. C’est le temps des vacances, des rencontres amoureuses et de l’insouciance. Le film met en valeur la douceur de vivre locale, loin des clichés de violence. On y voit une ville accueillante, propice à la flânerie et aux sentiments naissants.

Les scènes de plage et de terrasses rappellent que Marseille est une véritable station balnéaire. On peut revivre cette ambiance en allant se baigner à la plage du Prophète ou en flânant le soir sur le Cours Julien. C’est le côté romantique et solaire de la cité qui est ici sublimé.

  • Accès : Métro Notre-Dame du Mont pour le Cours Julien
  • Ambiance : Bohème, festive et estivale
  • Tarif : Variable selon les consommations
  • Bon plan : Les soirs d’été, les apéros en bord de mer sont incontournables

8. Shéhérazade

Changement radical d’ambiance avec ce film coup de poing de Jean-Bernard Marlin. Tourné avec des acteurs non professionnels, il plonge dans la réalité brute de la jeunesse marseillaise. Le bitume, le langage, l’énergie vitale : tout y est d’une authenticité rare. C’est un cinéma-vérité qui prend aux tripes.

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Le film nous emmène dans le centre-ville populaire, autour de Noailles et de la Plaine. Ces quartiers bouillonnent de vie et de diversité. C’est ici que bat le cœur multiculturel de Marseille. Le marché de Noailles, avec ses odeurs d’épices et son agitation perpétuelle, est une expérience sensorielle intense à ne pas manquer.

  • Accès : Métro 2, station Noailles
  • Lieu : Marché des Capucins et rues adjacentes
  • Tarif : Gratuit (sauf achats au marché)
  • Bon plan : Goûter aux spécialités orientales rue Longue-des-Capucins

9. BAC Nord

Cédric Jimenez signe un thriller nerveux qui a beaucoup fait parler. Au-delà de la polémique, c’est une œuvre qui filme Marseille avec une virtuosité technique impressionnante. Les plans de drone sur les quartiers Nord, la lumière sur la rade, les courses-poursuites dans les ruelles : la ville est magnifiée dans sa beauté comme dans sa dureté.

Si l’accès à certaines cités n’est pas touristique, le film permet de comprendre la géographie complexe de la ville. On peut apprécier ces paysages urbains depuis des points de vue en hauteur, comme le parvis de Notre-Dame de la Garde. La vue sur l’immensité de la ville et l’enchevêtrement des quartiers y est spectaculaire.

  • Accès : Bus 60 pour Notre-Dame de la Garde
  • Vue : Panorama à 360 degrés sur toute la ville
  • Tarif : Gratuit
  • Bon plan : Repérer d’en haut les zones portuaires visibles dans le film

10. Stillwater

Quand Hollywood débarque à Marseille, ça donne “Stillwater”. Matt Damon en ouvrier américain perdu dans les ruelles du Panier et de la Joliette, c’est un choc des cultures savoureux. Le film évite l’écueil de la carte postale pour montrer une ville texturée, vivante, où le linge sèche aux fenêtres et où la mer n’est jamais loin.

Une partie du film se déroule vers les Baumettes et les calanques, notamment du côté de Callelongue. Mais c’est aussi l’occasion de visiter la Vieille Charité, ce magnifique ensemble architectural au cœur du Panier, souvent traversé par les personnages. Le contraste entre l’Américain taiseux et l’exubérance marseillaise fonctionne à merveille.

  • Accès : Bus 20 pour Callelongue (“bout du monde”)
  • Visite : Le village de pêcheurs et le début des sentiers de randonnée
  • Tarif : Ticket de bus RTM
  • Bon plan : Éviter le week-end en été car la route est souvent saturée

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